concept stores

Concept store : mélange des genres, inversion des codes, lieux de vie…

Analyse :

Un monde saturé par l’offre de consommation qui a privilégié la masse aux dépends de l’individu, et considéré les rapports humains comme étant marchands ou n’étant pas , une tendance croissante à l’individualisme, et un rejet d’une certaine forme de société de consommation uniforme et robotisante,  le concept store est né ! En inversant les codes et en créant des lieux de vie dont la fonction n’est pas forcément (on peut en douter…) de vendre .

Cela redéfinit des profils :

Le nouveau marchand :

A potassé tous les fascicules « Marabout »sur la psychologie et le marketing, ou plutôt les fiches résumées

Montre un désintérêt pour l’argent (on n’est jamais pressé de vous « encaisser »-d’ailleurs, il faut souvent chercher avant de trouver où déposer sa carte plastique)

N’investit jamais dans une collection complète, ni dans un produit « suivi », mais prétend répondre aux attentes existentielles –s’il en est- de ses clients (pardon, de ses hôtes ). Il favorise donc l’ambiance . Le produit est posé là par hasard .

 

Le nouveau client :

Cherche à passer d’un objet à l’autre sans intention préalable et aime à être surpris : c’est un enfant du zapping

Eprouve un besoin de distinction sociale et d’appartenance à un sous-groupe culturel auquel il s’identifie – dis-moi où tu achètes…

Recherche un lieu gratifiant par l’image que celui-ci lui donne de lui-même : je n’achète pas, je me regarde acheter

Pense que la grande distribution et la consommation de masse ne sont pas pour lui, qu’il appartient (ou le croit) à un club très privé, et divulgue rarement les adresses, sauf à ses pairs .

Rejette la démarche d’achat (trop « primaire ») : ce qu’il cherche, c’est la « valeur ajoutée » (il a appris – à ses frais- le vocabulaire de la finance)

 

Le nouveau lieu:

Un décor souvent dépouillé, mais très-étudié-sans-en-avoir-l’air, sans grand rapport avec l’activité qui le fait vivre

Un mélange d’objets rares, exotiques, venus des quatre coins du monde, signe d’une grande ambition artistique et multiculturelle

Un endroit où se restaurer avec parfois un coin lecture parce que ma cible est intellectuelle, qu’elle vient passer ici un moment privilégié et ne fait que se résigner à une démarche d’achat-très-primaire-et-matérialiste-mais-j’ai-vu-un-petit-objet-auquel-je-n’ai-pu-résister…

Design House – Stockholm

Vane X Sebago – New York

L’Hotel Particulier – Paris

 

Et malgré tout, il faut reconnaître que ces magasins nous attirent, qu’ils suscitent un imaginaire et revendiquent un style de vie qui nous plaît…

La génération suivante se laisse déjà entrevoir : le « being space » sera peut-être  l’endroit où oublier les pressions familiales et professionnelles, où l’on pourra se re-créer devant un verre de thé Matcha et une assiette de biscuits moléculaires, allongé sur une table de massage après s’être livré à une séance de watsu, et l’on en sortira revitalisé, reconnu, reconstitué, avec à la main ce petit T-shirt pour lequel en fait on était pas entré :)

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